Le réseau hydrographique débute à la tourbière située près du sommet de la colline. Cette tourbière doit son existence à la présence du roc sous-jacent relativement imperméable à l’écoulement vertical. Située sur la ligne de partage des eaux, elle se déverse à l’ouest vers la rivière aux Outardes Est et à l’est dans un ruisseau alimentant le lac Blueberry.
L’exutoire de ce dernier est contrôlé par un barrage et coule ensuite vers le lac du Gouffre. Celui-ci est situé dans une incision de 48 m dans le roc créée par le passage très rapide de l’eau lors du déversement du lac Iroquois. Une zone humide est située à la sortie du lac et alimente le ruisseau du Gouffre, lequel rejoint le lac du camping Frontière Enchantée avant de se déverser dans le ruisseau Allen (un affluent de la rivière aux Anglais qui se jette dans la rivière Châteauguay). Plusieurs résurgences sont observées dans le secteur nord-est de la colline, principalement où les pentes sont les plus abruptes. Ces résurgences donnent souvent naissance à des ruisseaux intermittents qui s’assèchent après la crue printanière (Larocque et al., 2006).
Sur l’ensemble de la colline, l’aquifère est situé dans le roc fracturé du Potsdam. Localement, l’aquifère est discontinu et s’écoule le long des fractures ouvertes et des plans de litage ayant subi de la dissolution (Nastev et al., 2004). Les ouvertures sont isolées par la masse rocheuse relativement imperméable (couche de confinement), et interconnectées par des fractures verticales distantes de plusieurs centaines de mètres à quelques kilomètres. L’écoulement souterrain dans le roc fracturé se fait en conditions libres, semi captives ou captives. La mince couche de sol ainsi que le roc altéré en surface contribuent à maintenir une zone superficiellement saturée dans laquelle l’eau infiltrée s’écoule latéralement pour resurgir dans les petits cours d’eau ou pour s’infiltrer vers l’aquifère à la faveur de fractures ouvertes. Les résurgences sont visibles lorsque les fractures et plans de litage rencontrent la surface topographique, donnant ainsi naissance à plusieurs cours d’eau. Les ruisseaux sont ainsi tributaires à la fois du ruissellement de surface, de l’écoulement de sub-surface et du niveau de la zone saturée de l’aquifère. Le mont Covey Hill agit comme une zone de recharge locale d’un aquifère régional qui s’écoule de manière radiale depuis le sommet de la colline et globalement du sud vers le nord (Croteau et al., 2005).
Trois stations de suivi des niveaux dans les cours d’eau enregistrent des données depuis 2005 (sondes TruTrack WT-HR 1500). Les débits sont mesurés manuellement quelques fois par année afin d’établir une courbe de tarage pour chaque station. Huit stations de suivi des températures de l’eau sont également distribuées sur les principaux cours d’eau et résurgences de la colline. Plusieurs stations ont été mises en place pour le suivi de la température et des niveaux de l’eau souterraine : huit forages de particuliers ont été instrumentés pour le suivi des niveaux de la nappe (sondes INW PT2X et Solinst), six piézomètres ont été installés dans la tourbière (sondes Solinst) et deux forages d’observation ont été réalisés à proximité de la tourbière (équipés de sondes Solinst). Un pluviomètre à augets basculants (Onset RG2M) a aussi été mis en place non loin de la tourbière. Le Laboratoire naturel bénéficie également de la présence de deux forages appartenant à la Commission géologique du Canada et permettant le suivi automatisé du niveau de la nappe.